Geographie historique, peuplement et terroirs dans la region du Hodna occidental au Moyen Age.
Author: Meouak, Mohamed
Pub Date: 01/01/2010
Publication: Name: Acta Orientalia Publisher: Hermes Academic Publishing Audience: Academic Format: Magazine/Journal Subject: Social sciences Copyright: COPYRIGHT 2010 Hermes Academic Publishing ISSN: 0001-6438
Issue: Date: Annual, 2010 Source Volume: 71
Accession Number: 300544832
Full Text: Abstract

Based on a critical lecture of Medieval Arabic historical and geographical sources, this study deals with three points mainly centred on settlement topics. The first point consists of a description of the Western Hodna within the geographical history of the Central Maghreb. The second question offers a list of the main sites of Western Hodna through the Medieval Arabic sources with the whole settlement's Arabic vocabulary. The third part tries to give some observations on the modalities of settlements, the tribal impact on the settlements and the problem of the types of settlements: village (qaryd) and fortress (hisn). The last part is a summary of the study with several suggestions for further research in relation to the studied matters like historical geography and rural economy.

Keywords: Medieval Central Maghreb; Western Hodna; settlements; tribes; fortress; village.

Introduction

L'objectif de cette recherche, deja en phase d'elaboration avancee, est de mettre en relief un certain nombre de caracteres et specificites relatifs aux territoires et aux modes de peuplement d'une region precise du Maghreb central, a savoir la partie occidentale du Hodna (en arabe Hudna). Ce travail se base essentiellement sur le depouillement des principaux textes geographiques arabes du Moyen Age mais il tient compte egalement de l'apport de quelques sources historiques et litteraires. Outre les genres textuels mentionnes, on mettra aussi a profit les productions bibliographiques anciennes et recentes sur les questions de geographie, de peuplement et de territoire. Pour tout cela, il nous a paru egalement necessaire de fournir les donnees textuelles sous forme de notices tirees des sources arabes puis traduites en francais. Cette preoccupation methodologique est etroitement liee a notre conception de l'analyse historique des sources : essayer de cerner correctement les problemes poses dans notre travail grace a l'outil textuel afin de mieux comprendre les enjeux du sujet historique (1).

L'etude des noms de lieux, comme element fondamental pour la comprehension des terroirs et des paysages, constitue de toute evidence un moyen utile pour la comprehension des modalites de peuplement des diverses regions du Maghreb au Moyen Age. Le contact des langues serait sans nul doute un element a prendre en compte lorsque l'on veut mesurer les raisons de tel type d amenagement des terroirs ou de tel fait de construction modifiant le paysage naturel. Ces langues comprises dans leur contexte historique et qui seront lobjet dune etude ulterieure, sont surtout l'arabe, le berbere, le latin d'Afrique et le grec avec des variantes les caracterisant (2). Grace a la toponymie, il est possible de se faire une idee, meme approximative, des principaux traits qui presiderent au peuplement des divers territoires du Maghreb. Et il est bien entendu evident que 1'intervention de la geographie en tant que science constitue un instrument fondamental car elle permet de mieux saisir les changements de la morphologie des terrains, ou dit d'une autre maniere 1'intervention anthropique sur la terre. Les noms de lieux entretiennent souvent une relation etroite avec des situations morphologiques et topographiques specifiques, et ils sont susceptibles de montrer a quel point les langues du Maghreb, du moins 1 arabe et le berbere, sont parfois des langues de depart parfois des langues darrivee capables de fournir un autre regard sur le comment les individus apprehendaient leur entourage naturel (3).

Avant d'entrer dans le coeur du sujet, il faut cependant avertir le lecteur que pour le Maghreb central, les geographes et les historiens arabo-musulmans dans leur ensemble sont malgre tout peu loquaces quant aux informations qu'ils seraient susceptibles de fournir sur les structures du territoire et son peuplement au haut Moyen Age par exemple. Le probleme de la relative indigence documentaire se pose done avec acuite lorsque l'on essaie de reconstituer les tissus socio-economiques et les formes d'occupation du territoire. Malgre ce qui vient d'etre dit, la presente etude essaiera de dresser un tableau, si possible precis, des principaux modes d'occupation et de structuration des terroirs dans une region specifique (4). Pour ce faire, nous diviserons notre etude en quatre ensembles : la situation du Hodna dans l'espace geographique maghrebin, la mise au jour d'un petit corpus de quatorze sites du Hodna occidental et documentes dans les textes arabes, des remarques generales sur les modalites de peuplement de la region et des conclusions qui essaieront de faire le point sur les resultats obtenus et certains problemes non abordes dans le detail mais qu'il sera necessaire de poser avec precision pour tenter de les resoudre ulterieurement.

Le Hodna dans la geographie historique du Maghreb medieval

On dit souvent que le Hodna est une aire geographique deprimee des hautes plaines de l'Algerie, au pied des monts Ouennougha (Wannuga), du Hodna et du Belezma, et ouverte vers le sud-est sur la region pre-saharienne du Zab de Biskra. Le grand Hodna s'etend sur pres de 8600 [km.sup.2] et comprend surtout les ensembles suivants : les collines du Djerr au nord et a l'est, de vastes plaines alluviales partiellement innondees par les crues des oueds descendus des zones montagneuses, une grande sabha de quelques 760 [km.sup.2] et, au sud, une region sablonneuse appele le R'mel. Le pays est en regle generale tres chaud en ete et tres sec (de 150 a 300 mm. de pluie annuelle) et il constitue une veritable steppe pre-desertique privee de la culture de l'alfa. Ce grand territoire est assez riche en eau grAce aux sources calcaires, aux crues importantes mais tres irregulieres des oueds, notamment ceux de Barika, Bitham, Ksob, Leham, Magra et Selman ainsi qu'aux nappes en partie artesiennes du sous-sol (5).

Les monts de l'Aures, du Belezma, du Hodna et des Ouennougha torment un arc de cercle qui dressent une limite geographique d'une singuliere precision du point de vue physique comme du point de vue des opportunites economiques, entre les regions mediterraneennes du Tell et les plaines desertiques des Ziban et du Hodna. II est tout a fait extraordinaire que cet arc montagneux n'ait pas servi de frontiere humaine ou politico-administrative qu'il semblait, a premiere vue, imposer. II est admis que les populations des montagnes ont souvent etendu leur domaine economique sur la bordure des plaines et e'est ainsi que les massifs montagneux ont plutot joue un role de refuge aux tribus vaincus ou refoules des piemonts. Le mode de vie nomade a souvent envahi les hautes plaines du Tell qui ont servi de pAturages d'ete aux pasteurs des steppes et du desert. A l'inverse, la vie sedentaire semble etre descendue tout au long des cours d'eau originates du Tell et autour des sources en bordure du pays nomade. La frontiere politique qui etait generalement utilisee pour couper l'Algerie en deux blocs precis, separant une Algerie dite orientale, soumise aux influences de Carthage, de Kairouan ou de Tunis, et une Algerie occidentale dependante des capitales et des dynasties du Maghreb occidental ou de Tlemcen, n'a jamais emboite le pas a la limite climatique, orographique et economique que la nature et le relief paraissaient imposer aux hommes. Elle est en fait toujours passee a l'Ouest et au Sud du Hodna comme des Ziban de Biskra, rattachant done ees deux regions a l'lfriqiya (6).

Corpus des principaux sites du Hodna occidental d'apres les sources arabes du Moyen Age (7)

1) al-Masila (aujourd'hui M'sila) (8)

Al-Muqaddasi, 1950:

texte arabe, p.8 : wa-l-Zab madinatuha al-Masila wa-laha Maqqara [...].

traduction, p.9 : << Le Zab dont la capitale est M'sila avec la ville de Maqqara [...] >>.

texte arabe, p.28 : wa-l-Zab madinatuha al-Masila wa-hiya aydan nahiya 'ala ma wasafna madkurafi l-iqlim gayr an Tanga agall [...].

traduction, p.29 : << Le Zab, dont la capitale est M'sila d'apres la description qu'on nous en a faite, est egalement une region renommee au Maghreb, mais celle de Tanger est plus importante [...]>>.

Ibn Hawqal, 1938-1939 :

texte arabe, I, p.85 : wa-min Maqqara ila l-Masila marhala wa-hiya madinat muhdata istahdaiaha 'Ali b. al-Andalusi ahad hadam min al 'Ubayd Allah wa- 'abiduhum; wa- 'alayha sur hasin min tub wa-laha wadin yuqalu lahu Sahur fihi ma' 'azim munbasit 'ala wagh al-ard wa-laysa bi-l- 'amiq [...].

traduction : << De Magra a M'sila, il y a une etape, et c'est une ville fondee recemment par 'Ali b. al-Andalusi, un des serviteurs et esclaves de la famille de 'Ubayd Allah; il y a un mur solide en briques; une riviere y coule, l'oued Sahur, au debit abondant, qui a une large nappe d'eau mais qui est peu profonde >>.

Al-Bakri, 1965 :

texte arabe, p.59 : wa-hiya madina di bisat min al-ard 'alayha suran baynahuma gadwal ma' gara yastadiru bi-l-madina wa-lahu manafid tusqa minha 'inda al-haga wa-li-l-madina aswaq wa-hammamat wa-hawlaha basatin katira wa-yagudu 'indahum al-qutn wa-hiya katira al-lahm rahisa al-sa'r.

traduction, p. 124 : << C'est une ville situee dans une plaine, entouree de deux murailles, entre lesquelles se trouve un canal d'eau vive qui fait le tour de la ville. Par le moyen de vannes, on peut tirer de l'eau pour l'irrigation des terres. Dans la ville, il y a des marches et des bains, et, a l'exterieur, de nombreux jardins. On y recolte beaucoup de coton et la viande est bon marche >>.

Al-Idrisi, 1983 :

texte arabe, p.108 : al-Masila : tumma ila l-Masila marhalatan; wa-hiya mustahdata, istahdaiaha 'Ali b. al-Andalusi fi wilayat Idris b. 'Abd Allah b. al-Hasan [b. al-Hasan] b. al-Husayn b. 'Ali b. Abi Talib radiya Allah 'anhu; wa-hiya 'amira fi basit min al-ard; wa-laha mazari' mumtadda aktar mimma yahtagu ilayhi; wa-li-ahliha sawa'im hayl wa-agnam wa-abqar wa-gannat wa-'uyun wa-fawakih wa-buqul wa-luhum wa-mazari' qutn wa-qamh wa-sa-ir; wa-yaskunuha min al-Barbar Banu Birzal wa-Zandag wa-Hawwara wa-Sadrata wa-Mazata; wa-hadihi al-madina aydan 'amira bi-l-nas wa-l-tuggar; wa-hiya 'ala nahr fihi ma' katir mustanbit 'ala wagh al-ard; wa-laysa bi-l-'amiq; wa-huwa 'adb; wa-fihi samak sagir, fihi turuq humr hasana; walam yura fi bilad al-ard al-ma 'mura samak 'ala sifatihi; wa-ahl al-Masila yaftahiruna bihi; wa-yakun miqdar hada al-samak min sibr ila ma dunihi; wa-rubbama ustida minhu al-say' al-katir; fa-uhtumila ila qal'a Bani Hammad wa-baynahuma atna' 'asar milan.

traduction, p. 100 : << Puis jusqu'a M'sila, il y a deux etapes. Elle fut fondee par 'Ali b. al-Andalusi, sous le regne d'Idris b. 'Abd Allah b. al-Hasan [b. al-Hasan] b. al-Husayn b. 'Ali b. Abi Talib, que Dieu soit satisfait de lui. M'sila est une ville moderne, populeuse et situee sur un terrain plat. Elle a de vastes exploitations agricoles dont la production excede les besoins des habitants. Ces derniers possedent des bestiaux : equides, ovins, bovins ; ils ont des jardins irrigues qui produisent des fruits et des legumes ; ils ont de la viande ; ils ont des plantations de coton, de ble et d'orge. Parmi les Berberes qui habitent a M'sila, il y a les Banu Birzal, Zandag, Hawwara, Sadrata et Mazata. Cette ville est egalement peuplee d'autres ethnies et de marchands. Elle est sur un canal dont l'eau coule en abondance, a ciel ouvert, qui est peu profond, qui est limpide et qui contient de beaux petits poissons rayes de rouge, comme on en trouve nulle part ailleurs sur la surface de la terre. Les gens de M'sila en sont fiers. Les dimensions de ce poisson sont d'un empan et plus. Parfois, on en peche une grande quantite qu'on va vendre a la qal'a des Banu Hammad, a douze milles de la >>.

Al-Istibsar, 1958 :

texte arabe, pp. 171-172 : madinat al-Masila : aqrab bi-qal'a' Hammad min bilad al-Zab, madinat al-Masila wa-hiya fi basit min alard 'ala nahr kabir yusamma bi-Sahur, wa-manba 'uhu min madinat al-Gadir wa-qad dakarnahu, madinat al-Masila ahdataha Abu l-Qasim Isma'il b. 'Ubayd Allah al-Si'i mundu sana 313 wa-kana mutawalli li-bina 'iha 'Ali b. Hamdun b. Sammak al-ma 'ruf bi-Ibn al-Andalusi [...] wa-madinat al-Masila katirat al-nahl wa-l-basatin tasuqqaha gadawil al-miyah al-'adba, wa-kanat madina 'azima 'ala nazar kabir, wa-hawaliha qaba'il katira min al-Bar bar min 'Agisa wa-Hawwara wa-Bani Birzal.

traduction : << La ville de M'sila, qui est plus proche de la qal'a des Hammad que du pays de Zab, se trouve a l'interieur des terres sur une riviere importante nommee Sahur ; elle prend sa source dans la ville de Ghdir dont nous avons deja parle. La fondation de la ville de M'sila, due a Abu l-Qasim Isma'il b. 'Ubayd Allah al-Si'i, remonte a l'annee 925 et il confia le soin d'y veiller a Ali b. Hamdun b. Sammak connu sous le nom d'Ibn al-Andalusi [...] Dans les environs de M'sila, il y a beaucoup de palmiers ainsi que des vergers arroses par des ruisseaux d'eau douce ; c'est une ville importante, chef-lieu d'un canton etendu et dont les alentours sont occupes par plusieurs tribus berberes des 'Agisa, des Hawwara et des Banu Birzal >>.

Ibn Hammad, 1984, p.24 : sur la fondation de M'sila et l'existence de deux portes : bab al-umur et bab al-Qasimiyya ; pp.25, 31, 36, 38, 40 : simples mentions du nom de M'sila.

Yaqut, 1979-1986 :

texte arabe, IV, p. 130 : al-Masila : madinat al-Magrib tusamma al-Muhammadiyya ihtattaha Abu l-Qasim Muhammad b. al-Mahdi fi 315 wa-huwa yawma 'id wali 'ahd abihi.

traduction : << M'sila : ville du Maghreb appelee Muhammadiyya ; Abu l-Qasim Muhammad b. al-Mahdi en a trace le plan en 927 et c'est a cette epoque qu'il devint le prince heritier de son pere >>.

Ibn Haldun, 2003, pp. 132, 136 et 137 : simples mentions du nom du site (al-Masila).

Ibn Rasiq al-Qayrawani, 1991 :

texte arabe, p.140 : al-Muhammadiyya min ard al-Zab.

traduction : << Muhammadiyya dans le territoire du Zab >>.

texte arabe, p.352 : baldat al-Muhammadiyya.

traduction : << Ville de Muhammadiyya >>.

Idris 'Imad al-Din, 1985 :

texte arabe, p. 217 : wa-umira 'alayhi al-salam bi-bina' madinat al-Masila wa-aqama 'Ali b. Hamdun li-bina'iha wa-amarahu an yattahiduha daran wa-yanziluha ma' 'Agisa wa-gama 'a min al-'abid wa-hiya ard fiha miyah gariya wa-fuhus katira wasi 'a al-zar'.

traduction : <>.

2) Maqqara (antique MACRI et aujourd'hui Magra) (9) Al-Ya'qubi, 1892 :

texte arabe, p.351 : wa-madina yuqalu laha Maqqara laha husun katira wa-l-madina al- 'uzma ahluha qawm min Bani Dabba wa-biha qawm min al-'Agam wa-hawlaha qawm min al-Barbar yuqalu lahum Bani Zandag wa-qawm yuqalu lahum Bani Krbrh wa-qawm yuqalu lahum Sadrata.

traduction : << Et la ville qui est appelee Magra possede de nombreuses forteresses ; c'est une des villes les plus importantes ; sa population est constituee de la tribu des Banu Dabba, d'une tribu de "non Arabes" (al-'Agam) (10) ; dans ses environs, il y a la tribu berbere des Banu Zandag, une tribu appelee Banu Krbrh et une tribu appelee Sadrata >>.

Al-Muqaddasi, 1950 :

texte arabe, p.8 : wa-l-Zab madinatuha al-Masila wa-laha Maqqara [...].

traduction, p.9 : << Le Zab dont la capitale est M'sila avec la ville de Magra [...] >>.

Ibn Hawqal, 1938-1939 :

texte arabe, I, p.85 : wa-min Tubna ila Maqqara : manzil fihi aydan marsad marhala.

traduction : << Puis de Tubna jusqu'a Magra, une etape : il y a une station et egalement un poste de guet >>.

Al-Bakri, 1965 :

texte arabe, p.51 : wa-min Tubna ila madind Maqqara wa-huwa balad kabir du timar wa-anhar wa-mazari'.

traduction, pp. 110-111 : <>.

Al-Idrisi, 1983 :

texte arabe, p.119 : Maqqara: wa-tahrugu min al-Masila ila Maqqara marhala ; wa-hiya madinat sagira, wa-biha mazari' wa-hubub ; wa-ahluha yazra'una al-kattan ; wa-huwa 'indahum katir ; wa-min Maqqara ila Tubna marhala.

traduction, p.112 : << La route debouche de M'sila et va jusqu'a Magra en une etape. C'est une petite ville entouree de terres de culture et de cereales. Ses habitants cultivent le lin en abondance. De Magra jusqu'a Tobna, il y a une etape >>.

Yaqut, 1979-1986 :

texte arabe, V, p. 175 : Maqqara : wa-Maqqara madina bi-l-Magrib fi barr al-Barbar qariba min qal'at Bani Hammad baynaha wa-bayna Tubna tamaniya farasih wa-kana biha maslaha bi-l-sultan dabita li-l-tariq.

traduction : << Magra : Magra est une ville du Maghreb sur le territoire des Berberes proche de la qal'a des Banu Hammad ; entre elle et Tobna, il y a quatre-vingt parasanges ; il y a une station controlant la route >>.

Ibn Maryam, 1908 :

texte arabe, p. 155 : Maqqara : qarya min qura bilad al-Zab min a'mal Ifriqiya.

traduction : << Magra, village parmi les villages de la region du Zab dans les districts d'Ifriqiya >>.

Ibn al-Qadi, 1970-1972:

texte arabe, II, p.43 : nisba ila Maqqara qarya bayna al-Qayrawan wa-l-Zab.

traduction : << Nisba en relation avec Magra, village entre Kairouan et le Zab>> (11).

Ibn Haldun, 2000-2001 :

texte arabe, VI, p.46 : bi-l-Husna (Hudna) wa-hiya Niqawus wa-Maqqara wa-l-Masila.

traduction : << Dans le Hodna qui correspond a N'gaous, Magra et M'sila >>.

texte arabe, VI, p.588 : wa-qura l-Husna (Hudna) : Maqqara wa-Niqawus wa-l-Masila.

traduction : << Les villages du Hodna sont N'gaous, Magra et M'sila >>.

Idris 'Imad al-Din, 1985 :

texte arabe, p.393 : bi-mawdi' yuqalu lahu Maqqara.

traduction : << Dans un endroit appele Magra >> (12).

Al-Maqqari, 1988 :

texte arabe, V, p.205 : wa-hiya Maqqara min Zab Ifriqiya.

traduction : << C'est Magra dans le Zab d'Ifriqiya >>.

texte arabe, V, p.280 : wa-Maqqara [...] qarya min qura bilad al-Zab min a 'mal Ifriqiya.

traduction : << Magra [...] village parmi les villages de la region du Zab dans les districts d'Ifriqiya >>.

3) Gadir (antique LEMELLEF et aujourd'hui Ghdir/Bordj Ghdir) (13) Al-Muqaddasi, 1950 :

texte arabe, p.6 : wa-amma Tahart fa-hiya ism al-qasaba aydan wa-min muduniha [...] Gadir al-duru').

traduction, p.7 : << Quant a Tahert, ce nom s'appliquant egalement a la capitale, il y a parmi ses villes [...] Gadir al-duru' >> (14).

Al-Bakri, 1965 :

texte arabe, p.54 : wa-minha ila madinat al-Gadir tahrugu minhu 'uyun nahr Sahur wa-huwa nahr al-Masila wa-huwa al-ma'ruf bi-nahr al-riy'is.

traduction, p.115 : <> [15].

texte arabe, pp.59-60 : wa-nahr Sahur alladi 'alayhi madinat al-Masila munba 'atuhu min 'uyun dahil madina' Gadir Warru, wa-hiya madinat kabira awwaliyya bayna gibal, fiha 'ayn tarra 'adba 'alayha al-arha, wa'ayn uhra wa-tahtaha 'ayn harrara yuqalu laha 'ayn Mahlad tagtami 'u fiha wa-min hunaka munba 'at nahr Sahur, wa-bi-madinat al-Gadir gami' wa-aswaq 'amira wa-fawakih 'katira, wa-hiya rahisa al-ta'am wa-l-lahm wa-gami' al-timar, qintar 'inab fiha bi-dirham, wa-sukkanuha Hawwara ya 'tadunafi sittin alfan.

traduction, pp. 125-126 : << La riviere Sahur, pres de laquelle M'sila est situee, a ses sources dans l'interieur de Gadir Warru, grande et ancienne ville entouree de montagnes. Elle renferme une source dont l'eau est douce et assez ahondante pour faire tourner des moulins. On y remarque encore une autre source, et plus bas une troisieme, qui coule avec bruit et qui porte le nom d'Abu Mahlad. Les eaux de ees sources convergent dans la ville et forment le Sahur. Dans la ville de Ghdir, il y a une mosquee et plusieurs marches bien achalandes. On y trouve beaucoup de fruits qui se vendent bon marche, ainsi que du ble et de la viande. Pour un dirham on achete un quintal de raisins. Ses habitants sont des Hawwara formant une population de soixante mille ames >>.

Al-Idrisi, 1983 :

texte arabe, p. 117 : al-Gadir : wa-'ala itnay 'asar milan minha al-Masila allati taqaddama dikruha garban ; wa-l-Masila fi ard tayyiba wa-fi gihat al-magrib min madinat al-Qal'a ; wa-min al-Qal'a wa-aydan fi gihat al-masriq madinat muhdata tusamma al-Gadir ; wa-baynaha wa-bayna al-Qal'a tamaniyat amyal ; wa-l-Gadir madinat hasana wa-ahluha badw ; wa-lahum mazari' wa-ardun mubaraka ; wa-l-hart biha qa'im al-dat; wa-lisaba fi zuru'iha mawguda ; wa-l-barakat fi mu 'amalatihim katira ; wa-bayna al-Masila wa-l-Gadir tamaniya' 'asar milan.

traduction, pp. 109-110 : << Ghdir : a douze milles, a 1'ouest de la [la Qal'a] se trouve M'sila qui a deja ete citee. M'sila se situe sur de bonnes terres dans la zone occidentale de la Qal'a. Dans la zone orientale de la Qal'a aussi, il y a une ville recente appelee Ghdir. Entre elle et la Qal'a, il y a huit milles. C'est une belle ville, habitee par des ruraux qui possedent des exploitations agricoles aux terres fertiles labourees en permanence et donnant de bonnes recoltes. Les transactions qui s'y effectuent sont rentables. Entre M'sila et Ghdir, il y a dix-huit milles >>.

Al-Istibsar, 1958 :

texte arabe, p.167 : madinat al-Gadir : wa-hiya madinat kabira azaliyya bayna gibal, qad ahdaqat biha, wa-laha nahr yagtami 'u min al-'uyun fi mawdi' dahs yahrugu minhu hada l-nahr, wa-yusamma nahr Sahur, wayamsi min hunaka ila madinat al-Masila wa-huwa nahruha, wa-l-Masila min bilad al-Zab [...] wa-bi-qurb madinat al-Gadir fahs 'Agisa, wa-huwa fahs madid katir al-zar' wa-l-dar' illa annahu sadid al-bard wa-l-talg, wa-la-qad dahaltu hada l-fahs fi zaman al-sayf fa-ra'aytu al-galid yanzilu fihi bi-l-gadw, wa-min amtal tilka al-bilad : "bard al-balad Agisa fi l-sayf wa-amma al-sita' fa-sakarat al-mawt" ; wa-'indahum al-nila al-mashura.

traduction : << La ville de Ghdir : c'est une grande ville ancienne situee au milieu de montagnes qui l'entourent. Il y coule une riviere formee de la confluence de sources dont les eaux se deversent dans un endroit vaseux d'ou elle tire son origine ; c'est la riviere appelee Sahur qui se dirige ensuite vers M'sila ; quant a M'sila, elle fait partie du Zab [...]. Proche de Ghdir, il y a la plaine de 'Aglsa qui est etendue et produit beaucoup de cercales et d'elevage mais ou sevissent le froid et la neige. J'ai penetre dans cette region en saison d'ete, et j'y ai constate de la gelee de bon matin ; aussi y-a-t-il un proverbe sur ce pays : "Du froid qu'il fait a 'Aglsa, en plein ete qu'on juge de ce que doit etre l'hiver" ; on y trouve de l'indigo tres repute >>.

Ibn Hammad, 1984 :

texte arabe, p.42 : madinat al-Gadir.

traduction : << Ville de Ghdir >>.

Yaqut, 1979-1986 :

texte arabe, IV, p. 188 : al-Gadir : balad aw qarya 'ala nisfyawm min qal'at Bani Hammad bi-l-magrib.

traduction : << Ghdir : ville ou village a une demie-journee de la qal'a des Banu Hammad en arrivant par l'ouest >>.

Idris 'Imad al-Din, 1985, p.416 : simple mention du site de Gadir Wan (16).

4) 'Adna / Basilqa / Adna (antique JVSTINIANA ZABI et aujourd'hui Bechilga) (17)

Al-Raqiq, 1990 :

texte arabe, p.11: fa-rahala ila bilad al-Zab, fa-sa'ala 'an a'zam mada 'inihim qadran fa-qalu: madina yuqalu laha 'Adna.

traduction : << Puis il voyagea jusqu'au pays du Zab, et il demanda quelles etaient ses plus grandes villes : ils dirent que c'etait la ville appelee 'Adna >>.

Al-Bakri, 1965 :

texte arabe, p.59 : wa-bi-qibli madinat al-Masila mawdi' yu'rafu bi-l-Qibab fihi qibab min bunyan al-awwal wa-'ala maqraba minha madina li-l-awwal huribat yuqalu laha Basilqa fiha gadwalan min ma' 'adb galabahu alawwal ilayha yuqalu laha tarqa-in-wuda tafsiruhu saqiyat al-samn.

traduction, p. 124 : << Au sud de M'sila, il y a un endroit appele "les coupoles". On y remarque des voutes antiques aupres desquelles il y a les restes d'une ville ancienne nommee Bechilga. Ces ruines sont traversees par deux rigoles d'eau douce, dont les conduits sont de construction ancienne : on les appelle tarqa-in-wuda ce qui veut dire "rigole de beurre fondue" [18] >>.

texte arabe, p.144 : wa-bayna 'ayn al-kattan wa-Adna : nahr Sahur wanahr al-nisa' wa-nahr Abi Tawil wa-'ayn al-gazal.

traduction, p.276 : << Entre la riviere du lin et Adna, il y a la riviere Sahur, la riviere des femmes, la riviere d'Abu Tawil et la riviere de la gazelle >>.

Idris 'Imad al-Din, 1985 :

texte arabe, p.407 : Adna madinat awwaliyya qad huribat.

traduction : << Adna, ville antique qui a ete detruite >>.

5) Tarfala (antique THAMALLVLA et aujourd'hui Ain Toumella/Ras el Oued) (19)

Al-Bakri, 1965 :

texte arabe, p.60 : wa-bi-sarqi madinat al-Gadir qaryat awwaliyya yuqalu laha Tarfala la tu'addalu biha qarya wa-hum yaquluna : "Tarfala taraf min al-ganna".

traduction, pp. 125-126 : << A l'est de la ville de Ghdir, il y a un village antique appele Tarfala. Ce village n'a pas son pareil dans le monde aussi disent-ils que "Tarfala est une portion du Paradis" >>.

Ibn Abi Dinar, 1967 :

texte arabe, p.31 : wa-min Tagira ila Tarfala madinat al-Sus al-aqsa masira sahrayn.

traduction : << De Tagira jusqu'a Tarfala, ville du Sous extreme, il y a un parcours de deux mois >> (20).

6) Usagit / Awsagit / Usahant / Awsahant (antique EQVIZETUM et aujourd'hui Ouled Agla (ex-Lecourbe) (21)

Ibn Hawqal, 1938-1939 :

texte arabe, I, pp.87-88 : wa-minha ila Usagit / Awsagit marhala wa-hiya qarya fiha ba'd hawanit li-Barbar Kutama wa-laha ma' katira yazra'una 'alayha.

traduction : << De la jusqu'a Usagit / Awsagit, il y a une etape ; c'est un village ou il y a quelques echopes tenues par des Berberes Kutama ; il y a de l'eau en abondance grace a laquelle on cultive >>.

Al-Idrisi, 1983 :

texte arabe, p.160 : wa-minha ila Usahant / Awsahant marhala wa-hiya qarya li-l-Barbar wa-biha ma'gariya wa-mazari' hinta wa-sari'.

traduction : << De la jusqu'a Usahant / Awsahant, il y a une etape, c'est un village berbere ou il y a de l'eau vive et des champs de ble et d'orge >>.

Ibn Hammad, 1984 :

texte arabe, p.43 : wa-hiya (Usagit / Awsagit) bi-safh gabal al-Qal'a min gihat al-samal mimma yali balad 'Agisa.

traduction : << Elle (Usagit / Awsagit) se situe au pied de la montagne de la Qal'a sur le versant nord qui est proche du pays des 'Agisa >>.

7) Dakkama / Dakkama / Dakma : site entre Magra et M'sila ? (22) Al-Muqaddasi, 1950 :

texte arabe, pp.4 et 6 : wa-amma Ifriqiya fa-qasabatuha al-Qayrawan wa-min muduniha [...] Dakkama.

traduction, pp.5 et 7 : << Quant a l'friqiya, sa capitale est Kairouan, et il y a parmi ses villes [...] Dakkama >>.

Al-Bakri, 1965 :

texte arabe, p.54 : wa-minha ila madinat Dakkama wa-hiya 'ala nahr kabir dat mazari'wa-maarih.

traduction, p.115 : << De la jusqu'a Degma, situe sur une grande riviere avec des terres cultivees et des paturages >>.

Al-Idrisi, 1983 :

texte arabe, p. 160 : wa-minha ila Dakma marhala, wa-hiya qarya laha suq, wa-ahluha min Kutama.

traduction, p. 147 : << Jusqu'a Dakma, il y une etape, c'est un village avec un marche et ses habitants sont des Kutama >>.

Yaqut, 1979-1986 :

texte arabe, II, p.459 : Dakma [...] balda bi-l-Magrib min a'mal Bani Hammad.

traduction : << Dakma [...] ville du Maghreb dans les districts des Banu Hammad >>.

8) Tamasnat / Tamaslat / Tamasit : site non identifie (23)

Al-Muqaddasi, 1950 :

texte arabe, p.4 et p.6 : wa-amma Ifriqiya fa-qasabatuha al-Qayrawan wamin muduniha [...] Tamasnat.

traduction, p.5 et p.7 : << Quant a l'friqiya, sa capitale est Kairouan, et il y a parmi ses villes [...] Tamasnat >>.

Ibn Hawqal, 1938-1939 :

texte arabe, I, p.87 : wa-minha ila Tamasnat qarya wa-suq li-Kutama wa-Mazata wa-laha aginna wa-ma' yagri wa-abar mu 'ina marhala.

traduction : << Il y a une etape de la jusqu'a Tamasnat: c'est un village avec un marche tenu par des Kutama et des Mazata ; il y a des jardins, de l'eau qui ruisselle et des puits d'eau courante >>.

Al-Bakri, 1965 :

texte arabe, p.54 : wa-minha ila Tamaslat wa-hiya madinat galila li-l-zar' wa-l-dar'.

traduction, p. 115 : <>.

Al-Idrisi, 1983 :

texte arabe, p. 160 : wa-minha ila qaryat Tamasit marhala wa-biha asgar wa-'imarat.

traduction, p. 147 : << De la jusqu'au village de Tamasit, il y a une etape et il y a des arbres et des constructions >> (24).

9) Yaksim : site proche de Magra mais non identifie (25) Al-Bakri, 1965 :

texte arabe, p.144 : wa-bi-sarqiyyiha wadi Maqqara 'alayhi saba' qura minha qarya Yaksim wa-zaytuha atiyab al-zaytun.

traduction, p.276 : << A l'est de l'oued Magra, ruisseau en bordure duquel il y a sept villages, dont celui de Yaksim qui fournit une huile avec les meilleures olives >>.

10) Bargalus (antique BVRGVS CELL AS ?): site proche de Magra (26)

Al-Ya'qubi, 1892 :

texte arabe, p.351 : wa-minha ila husun tusamma Bargalus [...].

traduction : << De la jusqu'aux forts appeles Bargalus [...] >>.

11) Talma : site proche de Magra mais non identifie (27)

Al-Ya'qubi, 1892 :

texte arabe, p.351 : wa-minha ila husun tusamma [...] Talma.

traduction : << De la jusqu'aux forts appeles [...] Talma >>.

12) Gayzur : site proche de Magra mais non identifie (28)

Al-Ya'qubi, 1892 :

texte arabe, p.351 : wa-minha ila husun tusamma [...] Gayzur.

traduction : << De la jusqu'aux forts appeles [...] Gayzur >>.

13) Aga : site proche de Magra mais non identifie (29)

Al-Ya'qubi, 1892 :

texte arabe, p.351 : wa-madinat Aga wa-hiya 'ala l-gabal. traduction : << Et la ville d'Aga est situee sur la montagne >>.

14) Arba : site proche de Magra mais non identifie (30) Al-Ya'qubi, 1892 :

texte arabe, pp.351-352 : wa-madinat Arba wa-hiya ahar mudun al-Zab.

traduction : << Et la ville d'Arba qui est la derniere des villes du Zab >>.

Observations sur les modes de peuplement dans le Hodna occidental

Les centres de peuplement crees dans les steppes par les Romains ont souvent ete peuples par des militaires et quelques families originates de diverses regions du monde mediterranneen. Sous les Vandales, nous savons par exemple que le souverain Huneric y envoie des catholiques en exil. Mais en revanche, il y a tres peu de donnees sur la periode byzantine. C'est toutefois ce faible apport allogene avec lequel les groupes berberes ont fusionne et constituant cette population souvent connue par le terme de Rum dont nous parlent les sources anciennes et arabes (31). La conquete musulmane amene dans les centres urbains notamment de nouveaux elements : orientaux et berberes. Magra est peuplee par les Banu Dabba, des 'Agam et des Berberes ; M'sila, ville de nouvelle fondation, est habitee a la fois par des Arabes et des Berberes venus de zones environnantes. Pour ce qui concerne les campagnes, le geographe al-Ya'qubi nous donne une breve liste de fractions tribales qui, au 3e/IXe siecle, sont presque toutes d'origine zenete (32). Depuis l'Est avec les invasions hilaliennes du 5e/XIe siecle et l'Ouest sous la houlette des Almoravides, le Hodna connait egalement un renouvellement sensible de son peuplement. La region voit arriver de nouveaux groupes dans le sillage almoravide et hilalien tandis que d'autres disparaissent, transportes de force, chasses ou obliges de se fondre avec les nouveaux arrivants. A partir du 6e/XIIe siecle, le mouvement almohade part a la conquete du Maghreb et va etendre ses territoires jusqu'au Hodna et plus loin a l'Est. Cette region est en premier lieu, ainsi que les Ziban de Biskra, soumise a l'autorite des Banu Atbag, de la confederation des Banu Riyah (33).

Ces quelques evenements que nous venons de resumer vont avoir de serieuses repercussions sur les structures de l'habitat et l'organisation des communautes rurales (34). Si l'on se penche maintenant sur le vocabulaire, il est possible de se faire une idee de cette distribution des territoires autour de trois poles : la structure de peuplement fondee autour d'une entite urbaine, celle mise en place dans le village et celle construite alentour d'une fortification. Le phenomene urbain dans le Maghreb central medieval est encore le parent pauvre de la recherche si on le compare aux travaux et aux publications realises sur le Maghreb occidental et l'Ifriqiya. II y a bien, ca et la, quelques notices inserees dans des ouvrages monographiques mais qu'il faut, dans leur immense majorite, reprendre en profondeur (35). Dans les lignes suivantes, nous voudrions aborder de maniere tres succinte, la question de la possible confusion qu'il y a entre les concepts de structure urbaine organisee et comprise dans le sens de "ville" (madina), puis avec l'idee de petit centre urbain (madinat sagira) et enfin en tant que village (qarya) afin de designer un meme site a travers la documentation arabe du Moyen Age. Pour cela, nous centrerons notre demarche sur le cas de Magra. Notons tout d'abord la variete du vocabulaire avec laquelle les ecrivains arabes designerent le site de Magra : al-Ya'qubi : madina autour de laquelle il y a de nombreuses fortifications (laha husun katira); Ibn Hawqal : manzil possedant un poste de guet (manzil fihi aydan marsad) ; al-Muqaddasi : madina ; al-Bakri : madina avec un territoire important (balad kabir) ; al-Idrisi : madinat sagira ; Yaqut : madina ; Ibn Haldun : qarya ; Idris 'Imad al-Din : mawdi' ; Ibn Mary am : qarya ; Ibn al-Qadi : qarya ; al-Maqqan : qarya.

Cette liste avait pour simple objectif de mettre en relief le flottement existant dans la maniere de designer un meme site. Ces designations montrent qu'un lieu est considere, tour a tour, comme une ville, une grosse bourgade, un village, voire l'equivalent d'un hameau. Des lors, cette terminologie appelle plusieurs remarques. En premier lieu, il y a la question de la chronologie des textes qui est fondamentale puisqu'elle peut dormer des elements relatifs a la perception du paysage et du vocabulaire permettant ainsi de mesurer les designations des lieux a travers les siecles. Cette sequence du temps evoque bien entendu les modifications de la nomenclature generale mais elle peut etre egalement un excellent indicateur des changements structurels et une allusion, meme vague, aux aleas politiques et sociaux ayant marque le developpement de tel ou tel site. En outre, il ne faut pas perdre de vue que les auteurs orientaux (al-Ya'qubi, Ibn Hawqal, alMuqaddasi, Yaqut et Idris 'Imad al-Din) avaient, a n'en pas douter, une idee differente des pay sages modelant les regions par rapport a leurs homologues occidentaux. Ensuite, il est necessaire de signaler que les elements geomorphologiques sont d'une extreme importance et ils doivent etre pris en compte. En effet, les paysages et les territoires orientaux (Egypte, Irak, Syrie, etc.) ne sont pas totalement comparables a ceux rencontres au Maghreb : un site oriental peut etre compris comme etant une qarya selon qu'il se trouve en un milieu physique precis et le lieu occidental sera quant a lui percu differemment avec une autre appellation ; le milieu montagnard oriental est assez different de celui situe au Maghreb, etc. Enfin, nous pensons qu'il est tout a fait utile de prendre en consideration la qualite et la quantite des interventions des groupes humains dans la modelation des paysages et cela en fonction de la situation politico-economique d'une zone donnee. Outre ce qui vient d'etre signale, rappelons que les ecrivains arabes redigerent leurs ouvrages a des epoques precises et celles-ci correspondaient sans doute a des changements de morphologie d'un site donne comme celui de Magra. Ce dernier avait d'abord ete, a la lumiere de la documentation arabe, une ville, puis une village et enfin un simple lieudit car sa situation geographique, economique et politique s'etait vue modifier au fil du temps.

A la vue de ce qui vient d'etre dit, il semble plus que jamais necessaire de prendre en compte les methodes de l'archeologie comme outil indispensable pour qui veut connaitre la realite des choses. Mais qu'entendons-nous par realite des choses ? Nous voulons ici parler du fait de mettre a jour quelques evidences materielles, verifiees si possible dans la documentation ecrite, et qui prouveraient la possible existence de veritables structures de peuplement rural en qarya et hisn (36). Mais contentons-nous, pour l'heure, de quelques breves remarques sur les deux vocables suggeres. La qarya (pluriel qura) correspond a un mot en etroite relation avec les questions de peuplement en milieu rural. La qarya constitue un exemple pertinent de structure et d'organisation des collectivites rurales installees dans la region de M'sila. Les textes arabes utilises offrent une signification generale assez vague pour designer les localites rurales. En outre, cette imprecision est accompagnee par l'idee que les qura entretiennent une relation de dependance avec les sites fortifies, ou bien alors avec les husun qui representeraient ainsi l'Etat. Pour le cas de l'Ifrlqiya au bas Moyen Age, il serait possible d'observer l'existence d'au moins deux types de villages : le petit hameau et le gros bourg avec par exemple le terme manzil et 1'expression qarya' 'azima. Pour ce qui refere au hisn (pluriel husun), on peut dire qu'il s'agit du terme le plus caracteristique pour signifier un pole d'habitats fortifies et il incarne la difficulte rencontree a l'heure de cerner avec precision une structure fortifiee (37). Centre du pouvoir etatique, du pouvoir territorial avec un petit groupe d'individus exercant une autorite sur les qura environnantes ou encore refuge pour les habitants de ces villages contre les depredations des rebelles et des bandits en quete de butin ou des armees gouvernementales ? Si l'on se penche sur la terminologie des forteresses rurales du Maghreb central d'apres les sources arabes medievales, on a une impression de confusion. Cependant, l'apparente liberte dont temoignent les ecrivains arabes en se referant aux divers types de fortification cache, sans doute, des differences sensibles parmi les sites fortifies. Cette derniere reflexion trouve une excellente illustration lorsque l'on sait que pour la zone situee entre la celebre qal'a des Banu Hammad et Bougie, non loin de M'sila, al-Idrisi utilise les mots hisn et qasr qui recouvrent des realites morphologiques et utilitaires diverses selon que l'on se trouve en plaine ou en montagne, en ordure de riviere ou en zone plus aride (38).

Conclusions ouvertes et questions connexes

En guise de << point a la ligne >> a notre etude, nous voudrions nous arreter sur une problematique complexe, mais qu'il faudra aborder dans de futures recherches, et qui a diffusee l'idee que le Maghreb medieval n'etait qu'une entite geographique ou le mercantilisme parasitaire etait generalisee (39). II semblerait qu'a la lumiere de quelques donnees deja mises a jour sur les conditions agricoles du Hodna occidental nous soyons plutot confrontes a une societe relativement dynamique, productrice de nombreux biens et en outre exportatrice de plusieurs denrees. L'historiographie arabe montrerait que les productions agricoles etaient, semble-t-il, importantes au point ou des surplus auraient parfois servi de base au developpement de l'artisanat specialise et a la croissance urbaine au Maghreb central. Meme si les conditions etaient differentes d'une zone a une autre, en plaines ou en montagnes, il est difficile de soutenir l'idee selon laquelle les activites agricoles et l'economie rurale avaient ete completement sequestrees par les pouvoirs politiques en place, et qui par consequent auraient debouche sur l'existence de deux mondes opposes (40): le rural fossilise et l'urbain dynamique car depredateur du monde rural. Certes le facteur politique et le fait tribal ont parfois joue un role negatif dans le difficile decolage economique de certaines regions mais il n'en reste pas moins que l'economie etait variee et possedait une remarquable capacite de production.

Region frontiere, zone d'influence ou marche pendant plus d'un millenaire, region de passage entre les hautes steppes algero-marocaines et les hautes plaines de l'Ifriqiya, entre le Sahara oriental et les marches du Tell, zone de nomadisme traversee par les hommes et les animaux, et habitee aussi par des populations en grande partie pastorales, le Hodna a connu, depuis 'Antiquite, et surtout depuis le 5e/XIe siecle, un intense mouvement de vaetvient de groupes humains divers et varies. Apres la chute de Rome, le Hodna connait des conditions historiques nouvelles : deux periodes de troubles causees par des invasions vandales (Ve siecle) et par des conquetes arabes (1er/VIIe-2e/VIIIe siecle) alternent avec deux moments de redressement dues aux Byzantins (VIe-VIIe siecle) d'une part et aux diverses dynasties musulmanes installees en Ifriqiya d'autre part. Malgre cela, le Hodna, comme les Ziban, continue a jouer un role de region frontiere, ou au moins de marche militaire, administrative et economique face aux steppes et aux deserts echappant a un quelconque controle politique (41).

On soulignera egalement du point de vue strictement historiographique que dans la litterature arabe medievale, la coexistence du couple terre fertile / terre sterile presume souvent des veritables specificites du terroir. La premiere est celle de l'abondance et des ressources vivrieres inepuisables, une sorte de terre promise ou chacun peut subvenir a ses moyens alimentaires par exemple. La seconde est souvent decrite en termes negatifs: terre ingrate, desertique et aride, incapable de produire la moindre once de verdure. Les modeles donnes par les geographes arabes de cette epoque, comme les regions peripheriques des grands deserts, les steppes, certaines regions montagneuses sont des types revelateurs de la parcimonie de la nature et de sa durete. Cela dit, il faut bien reconnaitre que cette meme durete transparait assez bien dans les sources arabes. Elle est alors le temoignage que les individus ont souvent essaye de domestiquer leur environnement avec plus ou moins de succes malgre les cycles connus de famine et de cataclysmes naturels au cours de l'histoire du Maghreb. C'est d'ailleurs bien grace a ees informations sur les desastres naturelles et autres mefaits qu'il est possible d'analyser partiellement, par exemple, l'espace rural comme un ensemble de lieux differencies par l'usage tout en tenant compte des donnees climatiques (42). Les divers milieux ecologiques sont en effet distingues en fonction de leur capacite a produire des denrees agricoles en abondance ou non. La description des espaces ruraux laisse apparaitre que les campagnes sont considerees comme le prolongement du jardin mais a Pechelle du terroir. L'etendue de 1'empire musulman et la richesse culturelle qu'il englobe ont permis la circulation dans cet immense territoire de nouvelles idees, de nouveaux procedes techniques, de nouvelles facons d'organiser l'espace. Les influences indienne, persane ou meme chinoise ont ete determinantes dans la creation des paysages posterieurs. II est done juste de reconnaitre que ees nouveaux horizons ont joue un role capital sur l'imaginaire collectif et la representation paysagere en milieu musulman.

Bibliographie

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Mohamed Meouak

Cadix

(1) Sur le Hodna et ses principaux traits morphologiques, voir Despois, 1942, pp. 196-206 offrant des elements de geographie mis en comparaison avec le Tell et les bordures sahariennes. Pour le Hodna dans l'histoire (fin de l'epoque antique et Moyen Age), on peut lire Idris, 1962, II, pp.482-486, 491; Forstner, 1979, pp.54, 61, 66, 96, 98, 102, 172, 185, 188, 197; Dachraoui, 1981, pp. 94, 152, 194, 199, 211, 240, 271, 347-349, 353, 368, 378, 381; Chapoutot-Remadi, 1980, pp.12-13; Pentz, 2002, p.162 et Valerian, 2006, pp.137-140.

(2) Parmi l'abondante bibliographie sur le sujet, voir Lengrand, 2005, pp.119-121 sur les langues d'Afrique documentees dans l'Antiquite tardive et les observations suggestives de Desanges, 2005, pp. 19-21 sur la phonetique historique de la toponymie d'Afrique du Nord ; pour le berbere, consulter Chaker, 1981, pp.31-37; idem, 1983, pp. 139-43, et Meouak, 2010 (pp.193-198)

(3) On pourra se faire une idee de la problematique du berbere en contact avec l'arabe au Moyen Age en lisant Meouak, 2006b, pp.329-330 et idem, 2008, pp.56-58.

(4) Afin de prendre connaissance des principales caracteristiques geographiques, tribales et agricoles du Hodna occidental au Moyen Age, voir Meouak, 2009, pp. 120-134.

(5) Despois, 1953, pp. 15-94 et idem, 1958, pp. 10-11, 16-17.

(6) Despois, 1942, pp.214-218 et idem, 1953, pp.99-138.

(7) Avant d'entrer en matiere, precisons bien que ce corpus n'a pas la pretention d'etre exhaustif. Indiquons en outre que les notices ont ete presentees par ordre chronologique des sources, de la plus ancienne a la plus recente ; les renvois aux sources se font d'apres la date d'edition (exemple : al-MuqaddasT, 1950, ...).

(8) La question de la fondation de M'sila (al-Masila / al-Muhammadiyya) au 4c/Xc siecle constitue encore un probleme fondamental parmi les debats relatifs a l'histoire medievale du Maghreb central. GrAce aux notices fournies dans les pages suivantes, le lecteur deduira que le fait d'etre confronte a diverses versions fournies par la documentation arabe entraine de veritables difficultes d'interpretation quant a la date et au site de creation ainsi qu'aux circonstances politiques qui y presiderent. Sur ce site, voir Brunschvig, 1940, I, pp.290-291; Golvin, 1957, pp.20-21,40-42, 53-54, 80-81, 100-103, 106-109, 118-119, 138-143; Idris, 1962, 1, pp.21-24, 92-95, II, pp.484-486; Bencheneb, 1968, pp. 12-15; Talbi, 1966, pp.590, 669; Kurio, 1973, pp.6, 67, 122; Massiera, 1974, pp. 179-184; Forstner, 1979, pp. 185-187; Dachraoui, 1981, pp. 164-165, 173, 180, 196, 199-200, 203, 206, 208, 230, 238-240, 270-272, 316, 319, 349, 353-354, 373, 380 ; Cambuzat, 1986, II, pp. 157-164 ; Souidi, 1996, pp.52, 71, 79, 171-172, 186, 189 ; Hasan, 1999,1, pp.35, 36, 102, 109, 110, 209, 325, 327 et Valerian, 2006, pp.138-139, 148-149, 168-169.

(9) Sur ce site, voir Gsell, 1911, feuille 26, nos 110-111 ; Diehl, 1896, p.252 sur CELLAE, site tres proche de Magra et dote d'un fortin d'epoque byzantine ; Brunschvig, 1940, I, pp.291-292 ; Baradez, 1949, pp.91, 348 ; Golvin, 1957, pp.19, 86, 100, 106, 119, 137, 139, 143-144 ; Idris, 1962, I, pp.22, 112, 156, II, pp.484, 522 ; Forstner, 1979, pp.47, 67, 75, 120, 188, 197, 219, 308 ; Dachraoui, 1981, pp.196, 380 ; Cambuzat, 1986, II, pp.144-147 ; Hasan, 1999, I, pp.109, 110, 325, 327 ; Benseddik, 1999, p.94 signale le site de Macri sur le limes de la Mauretanie Cesarienne ; Moderan, 2003, pp. 92, 382, 395 evoque le toponyme antique de Macri, et Valerian, 2006, pp. 138-139, 168.

(10) A propos de la notice d'al-Ya'qubi, il est utile de signaler que l'orientaliste polonais Tadewsz Lewicki (Lewicki, 1953, p.426) avait deja detecte la presence de quelques etablissements romano-chretiens en Numidie du sud debordant la frontiere ouest de cette ancienne province et atteignant ainsi la portion meridionale de la Mauretanie Sitifienne ou, au nord-ouest du Chott el-Hodna, on trouve une colonie peuplee de 'Agam dans la localite musulmane de Magra qui fait partie du Zab. La problematique relative aux divers sens du terme 'Agam n'a cesse d'alimenter les debats au ton parfois polemique. Contrairement au sens de "Persans" donne au vocable dans certains espaces geohistoriques, c'est sur la base du contexte culturel et linguistique africano-berbere que nous choisissons de rendre le mot de 'Agam par "non Arabes", c'esta-dire ceux qui etaient Africains et done ne parlant pas la langue arabe. Mais nous sommes bien conscients que cette question meriterait une etude plus longue basee d'abord sur le depouillement exhaustif des sources arabes et latines.

(11) Cette information est fournie au cours de la biographie d'un savant appele Muhammad b. Muhammad b. Ahmad b. Abi Bakr b. Yahya al-Qurasi al-Tilimsani al-Maqqari (vers 759/1357).

(12) Simple mention du site de Magra au cours de laquelle on signale que l'imam al-Daggal y passa une nuit.

(13) Sur ce site, voir Gsell, 1911, feuille 25, no 3 ; Diehl, 1896, p.255 ; Idris, 1962, II, pp.478, 504, 658 ; Forstner, 1979, pp.47, 177, 180, 184, 302 ; Dachraoui, 1981, p.200 ; Cambuzat, 1986, II, pp. 103-106 ; Kehoe, 1988, p.212 sur Lemellef comme centre de production agricole, et Laporte, 1999, p.213 situant Lemellef a la frontiere occidentale extreme de la Mauretanie Sitifienne avec la Mauretanie Cesarienne.

(14) Mention ou il est dit que le site de Gadir al-duru' se trouve dans la region de Tiaret ce qui constitue une erreur evidente.

(15) Il s'agit peut-etre d'une erreur de graphie du mot ra'is ou bien alors d'une forme dialectale pour ce terme.

(16) Il s'agit sans doute d'une erreur de graphie du toponyme Gadir Warru.

(17) Sur ce site, voir Diehl, 1896, p.254 ; Gsell, 1911, feuille 25, no 85 ; Lewicki, 1953, p.444 ; Talbi, 1966, p.125 ; Cambuzat, 1970, pp.110-113 ou il est propose de situer la ville de M'sila au 4c/Xc siecle a environ quatre kilometres de Zabi ; idem, 1986, II, pp.21-24 ; Trousset, 1985, p.370 ; Benseddik, 1999, p.94 signale le site de Jvstiniana Zabi sur le limes de la Mauretanie Cesarienne ; Matveyev, 1999, p. 128 ; Laporte, 1999, p.213 situant Zabi a la frontiere occidentale de la Mauretanie Sitifienne avec la Mauretanie Cesarienne, et Benabbes, 2005, pp.478-480.

(18) Sur cette locution berbere, voir Chaker, 1981, p.41 et Van Den Boogert, 2000, pp.369, 373.

(19) Sur ce site, voir Gsell, 1911, feuille 26, no 19 ; Idris, 1962, II, pp.504-505 ; Cambuzat, 1986, II, p.212 ; Forstner, 1979, pp.47, 180, 181, 302, 309, 338 ; Gascou, 1982, pp.257-258 sur le site de Thamallula ; T. Kotula, 1991, pp.472-475 ; Laporte, 1999, p.213 situant Thamallula a la frontiere occidentale extreme de la Mauretanie Sitifienne avec la Mauretanie Cesarienne, et Desanges, 2005, p.23 evoque le toponyme romain sous la forme de r(es)p(ublica) Thamallulensium en face du siege episcopal Thamallumensis.

(20) Nous avons pris le parti de relever cette reference mais nous pensons qu'il s'agit en realite d'un toponyme situe bien loin de notre region d'etude (al-Sus al-aqsa).

(21) Sur ce site, voir Gsell, 1911, feuille 15, no 91 ; Idris, 1962, II, p. 478 ; Forstner, 1979, pp. 177, 179, 184 ; Gascou, 1982, pp.256-257 sur le site d'Equizetum ; Cambuzat, 1986, II, pp. 19-20, et Laporte, 1999, p.213 situant Equizetum a la frontiere occidentale extreme de la Mauretanie Sitifienne avec la Mauretanie Cesarienne.

(22) Sur ce site, voir Golvin, 1957, p.99 ; Idris, 1962, I, pp.112, 117, 156, II, pp.478, 522 ; Forstner, 1979, pp.75, 177, 179, et Cambuzat, 1986, II, pp.79-81.

(23) Sur ce site, voir Idris, 1962, II, p.478 et Cambuzat, 1986, II, pp. 211212. Quant a Chaker, 1983, p. 134, il signale un Tamasna comme etant le nom d'une vaste plaine atlantique du Maroc.

(24) Le traducteur du texte arabe rend le terme 'imarat par <>. En l'absence de plus de precisions, nous preferons maintenir le mot << constructions >>.

(25) Sur ce site, voir Cambuzat, 1986, II, p. 146, note 4.

(26) Sur ce site, voir Forstner, 1979, pp. 192, 197.

(27) Sur ce site, voir Forstner, 1979, pp. 192, 197.

(28) Sur ce site, voir Forstner, 1979, pp. 192, 197.

(29) Sur ce site, voir Forstner, 1979, p. 197.

(30) Sur ce site, voir Forstner, 1979, pp. 187, 192, 197 ; Matveyev, 1999, p. 127.

(31) Voir Mattingly & Hitchner, 1995, pp. 189-196 sur les recherches faites en histoire antique dans ce domaine jusqu'en 1995. Pour la periode vandale, voir Moderan, 2003, pp.395, 405, 410, 550, 555, 582.

(32) Al-Ya'qubi, 1892, pp.351, 352 ; al-Bakri, 1965, p.59/124. Sur l'ensemble de ces questions, voir Bahri, 2000, pp.68-69 ; Prevost, 2007, pp.469-475 sur la problematique des derniers chretiens du Sud tunisien (Afariqa / 'Agam).

(33) A titre d'exemple, voir Meouak, 2006c, pp.11-14 sur les vicissitudes de la tribu des Banu Zugba dans la zone de Hamza (Bouira) avec les pouvoirs politiques en place durant le Moyen Age.

(34) L'orientaliste hollandais Reinhardt Dozy proposait la definition suivante du terme : << hisn, redoute. Village entoure d'une muraille >> (Dozy, 1967, I, p.297).

(35) Notamment dans les ouvrages classiques de Brunschvig, Golvin, Idris, etc. Si des travaux recents existent sur les problemes poses dans notre etude pour le Maghreb central, nous reconnaissons bien volontiers qu'il nous a ete impossible de les localiser jusqu'a aujourd'hui.

(36) C'est ce que nous tentons de faire, en partie, dans un ouvrage en cours de redaction sur la region de Biskra et provisoirement intitule Entre montagne el desert. Geographie, peuplement et territoires de Biskra et ses oasis au Moyen Age.

(37) Voir par exemple Hassen, 2000, pp.235-236, 239-243 pour l'etude du vocabulaire de la fortification au Maghreb oriental a la fin du Moyen Age.

(38) Meouak, 2006a, pp. 183-184.

(39) Sur ces questions, on lira Megherbi, 1971, pp. 129-154 qui propose unecritique interessante des courants historiographiques qui ont soutenu l'idee selon laquelle Ibn Haldun opposait irreductiblement les nomades aux sedentaires.

(40) Voir Meouak, 2009, pp. 128-134 offrant certains resultats invitant a poursuivre l'enquete sur les rapports entre monde rural et milieu urbain a la lumiere des productions agricoles et artisanales.

(41) Diehl, 1896, pp.250-254 ; Moderan, 2003, pp.541-561. Voir Mattingly & Hitchner, 1995, pp. 171-174 sur les recherches faites en histoire antique sur ces themes jusqu'en 1995.

(42) Voir un excellent exemple de ce qui peut etre fait dans ce sens en consultant Rouvillois-Brignol, 1986, pp.35-40.
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