Geographie, espace social et communaute floribecoise.
Subject: City planning (Social aspects)
Author: Tremblay, Remy
Pub Date: 12/22/2004
Publication: Name: Canadian Journal of Urban Research Publisher: Institute of Urban Studies Audience: Academic Format: Magazine/Journal Subject: Social sciences Copyright: COPYRIGHT 2004 Institute of Urban Studies ISSN: 1188-3774
Issue: Date: Winter, 2004 Source Volume: 13 Source Issue: 2
Topic: Event Code: 290 Public affairs
Product: Product Code: 9107130 Urban Planning Assistance NAICS Code: 92512 Administration of Urban Planning and Community and Rural Development
Geographic: Geographic Scope: Canada Geographic Name: Canada Geographic Code: 1CANA Canada
Accession Number: 129248101
Full Text: Abstract

For more than a century the concept of community has been the subject of numerous studies, but only few have been initiated by geographers. However, their studies have enhanced our understanding of the role of space and place in a community. This paper will examine Anne Buttimer's concept of social space and the potential it has to broaden our understanding of community. This theoretical reflection, inspired by the Little Quebec of Florida, will also propose a working definition of community that takes into account the notions of space and place.

Keywords: geography, social space, community, Little Quebec, Floribec

Resume

Depuis plus d'un siecle, le concept de communaute a fait l'objet de nombreuses etudes sociologiques. Cependant, peu de geographes ont tente de reflechir sur sa portee geographie et d'y inserer les notions d'espace et de lieu. Dans cette note critique, nous verrons en nous inspirant du Petit Quebec de la Floride que, comme le propose R. J. Johnston, le concept d'espace social d'Anne Buttimer constitue une base solide pour donner un dimension plus soucieuse de la geographique a celui de communaute. Pour mettre en lumiare notre argumentation, nous ferons un tour d'horizon de ce qu'est l'espace social de Buttimer, un concept largement inspire du geographe Sorre et du sociologue Chombart de Lauwe. Enfin, nous proposerons une esquisse de definition geographique du concept de commnaute.

Mots cles: geographie, espace social, communaute, Petit Quebec Floribec

Le concept de communaute est lourd d'ambiguite. Si on atteint un consensus minimum sur le sens general du concept, on n'a jamais reussi a s'entendre sur les parametres qui en sont a la base. Le role joue par le territoire dans la formation et l'existence de la communaute laisse les chercheurs perplexes, surtout les sociologues. Les avis divergent sur les dimensions spatiales de la communaute qui, pour les uns, s'enracine dans le territoire alors que, pour les autres, ne repose que sur les liens qui unissent les individus. Comme l'indiquent Wood Jr et Judikis (2002:10), depuis les annees 1990 les chercheurs ont renouvelle leur interet pour le concept de communaute, car il est source de maintes conflits sociaux. Mais les specialistes ont de la difficulte a l'appliquer empiriquement etant donne sa trop grande imprecision (Wood Jr et Judikis, 2002 : 11).

C'est sur cette ambiguite que porte la reflexion qui suit. Darts un premier temps, l'article portera sur le rapport entre le concept de communaute et celui d' <> propose par la geographe Anne Buttimer. Selon le geographe R.J. Johnston (1993), l'idee d' <> se rapprocherait beaucoup de celle de <>. Est-ce vraiment le cas? Une fois la proposition de Buttimer presentee, dans la seconde partie de notre article nous verrons comment <> s'articule. Nous entendons ici par <> la <> du Petit Quebec a Hollywood, une banlieue de Miami en Floride. Enfin, nous ferons ressortir comment les concepts de communaute et d'espace social se distinguent. Nous montrerons aussi comment ils peuvent se completer, dans une strategie de recherche destinee illustrer le role du territoire dans la communaute. En dernier lieu, nous proposerons une definition de la communaute inspiree de cette reflexion sociogeographique.

Aux origines du concept d'espace social

Le concept d'espace social n'est pas ne avec l'article d'Anne Buttimer paru en 1969 (1). Il est le fruit de la reflexion d'Emile Durkheim qui, en 1890, decidait de s'objecter a certaines visions de l'epoque telles que l'environnementalisme de Ratzel, l'evolutionnisme de Spencer et le formalisme de Simmel. Pour Durkheim (1893), l'espace social ne devait se definir qu'en termes sociologiques (substrat social, physiologie sociale), ce qui l'amenait alors a ne pas tenir compte de l'interaction qui se fait entre l'environnement social et physique. Considerant la definition du substrat social de Durkheim plutet etroite, Maximilien Sorre decide d'y imbriquer l'environnement physique. L'espace social de Sorre devenait alors pour lui une mosaique de regions dont chacune disposait d'un reseau social distinct ayant par exemple comme <>, ou noeuds, des institutions telles que les eglises, les ecoles, les theatres etc. D'apres Anne Buttimer (1969), Sorre etablissait aisement un lien entre l'espace social, l'espace politique et l'espace economique. Par contre, lorsque Sorre s'aventurait a decrire l'espace social darts une dimension purement sociale, son discours devenait plus ambigu.

Malgre cette faiblesse des arguments de Maximilien Sorre decelee par Buttimer, ce geographe francais demeure celui qui a inspire le sociologue Chombart de Lauwe (1952a, 1952b) dans son etude empirique, menee en 1952, sur l'espace social de Paris. De cette etude, un constat evident est ressorti : le concept d'espace social selon Sorre ne peut s'appliquer au milieu urbain. En effet, apres avoir compartimente la ville de Paris (arrondissements, quartiers et secteurs) et analyse, et l'espace social subjectif et l'espace social objectif, Chombart de Lauwe a conclu qu'il y avail incompatibilite entre ces deux types d'espace social. Ce phenomene s'expliquerait, selon Chombart de Lauwe, par le fait que l'approche sorrienne de l'espace social s'appuie sur une dynamique rurale, laquelle differe considerablement de celle du milieu urbain.

Ayant constate que la methodologie de Sorre ne pouvait etre adaptee a l'etude du milieu urbain, Chombart de Lauwe propose deux concepts distincts afin de faire la lumiere sur le fonctionnement de l'espace ethno-culturel de la ville : l' <> ainsi que le <>.

Celui qui nous interesse, l'espace social urbain, se definit d'apres Chombart de Lauwe comme une hierarchie d'espaces qui se superposent. Cette perspective horizontale suppose que les mouvements et les interactions de la vie quotidienne, hebdomadaire et meme occasionnelle, des citadins se subdivisent en fonction de l'espace familial, du voisinage, de l'espace economique et de l'espace urbain regional. Ce sociologue a egalement explore l'espace social darts une dimension verticale. Ceci l'a amene a se questionner sur l'espace necessaire a une qualite de vie saine. Chombart de Lauwe s' est notamment interesse a la densite de population des quartiers residentiels des classes ouvrieres de Paris. Egalement, il a elabore un indice statistique permettant de determiner, objectivement, la densite residentielle optimale pour une classe socio-economique donnee.

Anne Buttimer (1969) decrit le concept d'espace social de Paul Henri Chombart de Lauwe en mentionnant que, pendant que Sorre delimitait ses regions a une echelle macroscopique et universelle en utilisant des parametres tels que la langue et les groupes ethniques, Chombart de Lauwe optait pour l'echelle microscopique inspiree de la sociologie. Anne Buttimer ajoute: "the contrast between them is not only in the approach, but also in the scale: one applies to the world in general and to rural settlement in particular; the other is strictly oriented to the urban environment" (422).

Selon Anne Buttimer, Chombart de Lauwe a approfondi la conceptualisation de l'espace social, en lui associant, dans les annees 1960, la notion de preferences spatiales. Ce qui a ouvert l'etude des espaces sociaux a celle des perceptions et de l'espace vecu. Pour sa part, Sorre (1957) a non seulement eu l'audace d'autocritiquer son concept darts les annees 1950, mais il a egalement eu le merite d'avoir propose une cooperation entre geographes et sociologues, darts le but d'etudier la mobilite sociale et les migrations. Cette cooperation s'apparente a l'objectif principal de l'article de Buttimer : mettre l'interdisciplinarite au service d'une meilleure comprehension de l'espace social.

L'auteure conclut son article de 1969 en mentionnant que le concept d'espace social applique aux etudes sur le milieu urbain a comme principal avantage de rapprocher l'ordre subjectif interne (attitudes, traditions et aspirations) et l'ordre spatial externe, ce qui correspond aux objectifs de Sorre et Chombart de Lauwe.

Certains geographes se sont largement inspires de l'apport d'Anne Buttimer concernant la conceptualisation a caractere geographique de l'espace social. Par exemple, David Ley (1983, 102) mentionne que "Social space is a concept that has been widely used of late in varied contexts, so much so that a precise definition is elusive. [...] More commonly, however, social space implies not structure but process and is drawn around the spatial interaction patterns of specified groups". En faisant plus precisdment reference au travail de terrain conduit par Buttimer (1969), Ley (1983, 102) ajoute: "Usually the social space of a group will incorporate the places identified with its recurrent routines, its daily or weekly rounds." Dans son article sur l'ideologie spatiale, Anne Gilbert (1986) propose une definition de l'espace social qui repose exclusivement sur les reflexions de Buttimer (1972, 59) : "... l'experience sociale des lieux telle qu'elle s'exprime dans les modeles d'interaction des groupes dans l'espace. Cette interpretation de l'espace ... en fait un espace-reseau, un espace qui ne se definit pas dans les termes d'une etendue, d'une surface ..." Bref, comme nous le verrons plus loin, ces reflexions sont a la base de notre etude de la communaute floribecoise en banlieue de Miami.

De l' <> a la <>

Le concept d'espace social tel que developpe par Anne Buttimer se refere a l'espace reseau d'un groupe social partageant le meme statut socioeconomique el les memes valeurs sociales et culturelles. Cet espace se structure autour des lieux animes par les membres de ce groupe, lieux qui influencent leur vic quotidienne (Buttimer, 1971, 1972, 1976; Gilbert, 1986, Johnston, 1993, Bauman, 2001). Le concept de communautd est, pour sa part, source de debats depuis pres d'un siecle. Parmi les nombreuses definitions qui lui ont ete accolees, certaines denotent un interet particulier pour l'espace geographique et les reseaux sociaux dans l'espace (Wellman et Leighton, 1978; Wellman, 1988). Celle de Stebbins (1989, 197) a retenu notre attention: "A ... community is a collectivity of people interacting in networks, organizations, and small groups within a more or less definable geographic area where the people carry out most of their daily activities accompanied by a sense of belonging to the collectivity."

Le geographe R.J. Johnston (1993, 80-81) suggere que les concepts d'espace social et de communaute sont analogues, un point de vue que nous ne soutenons pas tout a fait. On peut certes les associer, mais non les assimiler l'un a l'autre. Voici les grands facteurs sur lesquels se fonde notre argumentation.

Les points communs :

1) Geographiques: Espace social et communaute referent tous deux a l'espace tout en demeurant flexibles quant aux formes qu'il peut prendre. En fait, aucun ne se definit en termes de territoire circonscrit a l'interieur de frontieres delimitees, mais bien en termes de criteres spatiaux. II s'agit dans les deux cas de references a une geographie qui ne se laisse pas enfermer a l'interieur de limites precises. Les deux concepts definissent des espaces comme supports, espaces qui s'organisent autour de lieux structurants par lesquels se vit l'interaction entre les membres de la collectivite. L'organisation spatiale de ces lieux reflete l'intensite de la vie quotidienne, de la vie sociale et culturelle a laquelle la communaute donne lieu.

2) Sociologiques: Espace social et communaute existent tous deux grace aux interactions sociales qui les animent. C'est essentiellement lorsqu'il y a concentration des echanges que les deux concepts en question s'appliquent. Sans concentration interactionnelle, on pourrait difficilement relever l'existence d'un espace social ou d'une communaute Les deux concepts sont construits sur l'idee des reseaux sociaux. On le salt, Anne Buttimer volt l'espace social comme un reseau de lieux, a travers lesquels les individus interagissent, au quotidien. La communaute s'appuie necessairement elle aussi sur des reseaux sociaux.

La principale difference:

3) L'appartenance et l'identite: Alors que l'espace social s'exprime surtout par le biais de reseaux sociaux structures autour des lieux de la vie quotidienne, la communaute, quant a elle, met en relief le phenomene de communion qui cimente entre eux les individus. Autour de la communaute se developpe un fort sentiment d'appartenance, qui sert de base a l'identification de ses membres. En d'autres termes, le concept buttimerrien ne s'oppose pas a celui de communaute, il s'agit plutot de concepts complementaires dans le sens off l'espace reseau, tel que propose par Buttimer, se retrouve a la base de toute communaute S'il y a une distinction a faire entre ces concepts, elle repose sur le fait que l'espace social ne s'aventure pas aussi loin que celui de communaute en ce qui a trait a l'appartenance et a l'identite.

Floribee comme <>

Floribec se refere a l'espace des immigrants et touristes quebecois dont les activites economiques et la vie quotidienne sont principalement orientees vers le tourisme de culture quebecoise. Floribec s'etend sur pres de 5 km. Son centre se situe au sud-est du comte de Broward (lequel forme la banlieue nord de Miami), darts le secteur Est forme par les villes d'Hollywood, de Dania et de Hallandale. C'est dans ces trois villes que se situe la majorite des commerces offrant des produits et services destines aux immigrants et aux touristes quebecois. Floribec comptait en 1990 (US Census) environ 25 000 residents d'origine canadienne-frangaise et attirerait annuellement entre 200 000 et 400 000 touristes quebecois (il n'existe pas de source statistique precise sur ce dernier aspect).

La localisation de Floribec a ete etablie a partir de 1) l'analyse du paysage bati de Floribec, 2) de la cartographic de la localisation de 121 annonceurs immigrants quebecois des 12 editions mensuelles de 1994 dujoumal Le Soleil de la Floride, 3) de collectes de 25 recits de vie de leaders institutionnels floribecois du sud-est de la Floride, 4) de la cartographic de l'origine de la clientele de ces repondants et, 4) de la cartographic de la localisation de Floribec selon la perception de ces repondants. Ces activites de terrain ont eu lieu 1994 et en 1995 pendant une periode totalisant pros de deux mois (2).

Selon nous, l'organisation spatiale d'une communaute repose d'abord sur ses lieux structurants (motels, restaurants, bars, depanneurs, etc.). On a remarque que la communaute ethno-touristique de Floribec se forme autour d'un district des affaires recreationnelles (DAR) (situe le long de la plage de Hollywood) regroupant ses plus importants lieux structurant et d'un centre, qui se confond avec l'espace de la communaute floribecoise telle que pereue par nos interlocuteurs, ayant une importante population floribecoise et des services moins orientes vers le tourisme (voir la Figure 1). Au-dela de ce centre, on trouve une peripherie off la population floribecoise, de meme que les quelques points d'ancrages de la vie quotidienne, se diluent dans la culture anglo-saxonne. La peripherie se caracterise egalement par le fait qu'elle est animee par des Floribecois ne ressentant pas d'attachement veritable pour la culture floribecoise meme s'ils entretiennent des rapports economiques etroits avec le centre de la communaute.

[FIGURE 1 OMITTED]

C'est pourquoi, comme les Floribecois eux-memes l'ont mentionne, le centre correspond assez bien a l'etendue percue de l'espace communautaire floribecois. Bref, la communaute dispose d'une organisation socio-spatiale qui reflete la densite de son occupation, les lieux structurants qui la supportent et l'attachement des membres envers leur espace de vie.

Par ailleurs, il est important d'ajouter que la communaute de Floribec, batie surtout autour de la langue, entretient des liens etroits avec le Quebec. Le tourisme quebecois joue un role determinant dans le maintien de la vie communautaire floribecoise, mais les telecommunications ne peuvent dorenavant etre ignorees. En fait, les telecommunications font office d'institution social a distance. Certes, la television est avant tout un service destine aux touristes canadiens-francais, et les commercants floribecois sont conscients que ce type de service est vital pour attirer la clientele visee. Mais tous les Floribecois, de meme que les touristes quebecois, en tirent profit puisqu'elle est vitale pour eux. Bref, d'apres nos recherches a Floribec, il est clair que les telecommunications creent un lien instantane, et significatif au plan culturel, entre le foyer d'origine et celui nouvellement adopte. II s'agit en sorte d'institutions non physiques, une nouvelle realite des communautes du XXIe siecle.

Esquisse de definition

Alors que depuis plus d'un siecle, des sociologues s'interrogent a savoir comment apprehender les fondements geographiques des communautes (3), les geographes disposent, selon nous, des outils theoriques et methodologiques necessaires pour etudier cette question. Anne Buttimer a propose un concept qui offre une solide base pour aborder la problematique de l'espace communautaire. L'idee d'espace social suggere que: les individus sont relies entre eux par le biais de reseaux sociaux; que ces lieux prennent forme a l'echelle de la vie quotidienne; que ces lieux sont sources d'identification. Intuitivement, Buttimer laisse entrevoir que l'espace social ne peut etre circonscrit a l'interieur des limites d'un espace formel. Cette facon d'entrevoir l'espace social a inspire notre vision de la communaute. Mais, nous pensons que pour devoiler les bases geographiques de la communaute, il faut aller beaucoup plus loin qu'elle ne l'a fait dans la mise a jour des liens d'appartenance aux lieux et aux espaces.

Ainsi, nous considerons que la communaute en milieu urbain, ou en banlieue, est formee d'un groupe d'individus ayant des interactions etroites dans le cadre de leur vie quotidienne, et qui se regroupent autour de lieux qui refletent les liens socio-culturels qui les unissent. Son espace correspond essentiellement a l'etendue de leurs reseaux sociaux personnels et d'affaires. Ces reseaux sont les supports socio-spatiaux autour desquels gravitent les activites quotidiennes des individus qui animent la communaute. En outre, la communaute ne peut se definir sans tenir compte du sens que ses membres lui pretent, puisqu'il traduit leur attachement commun aux lieux, autour desquels se structure le groupe et qui lui conferent son identite.

Cette definition est divisee en trois parties. La premiere met en reliefl' aspect le plus evident de la communaute, c'est-a-dire qu'elle a ete mise sur pied par des gens ayant des interactions de nature sociale et culturelle tres etroites. Le second paragraphe porte sur l'aspect spatial de la communaute et les bases sur lesquelles elle s'organise et s'articule. En dernier lieu, la definition met en evidence ce qui caracterise la communaute : l'attachement des membres de la communaute les uns envers les autres a la faveur d'un espace de vie quotidienne communautaire, et l'identite qu'ils en tirent.

A notre avis, cette esquisse, inspiree de notre etude sur Floribec, permet de considerer a leur plus juste valeur les dimensions les moins connues de la communaute, c'est-a-dire celles qui touchent a ses ancrages geographiques physiques, tels que les restaurants, et non physiques comme la television et les journaux. Elle en considere et les elements objectifs,a travers l'espace des pratiques, et les elements subjectifs, a travers l'espace d'appartenance. Et surtout, elle montre comment l'un et l'autre se confondent dans la vie quotidienne.

Conclusion

Les geographes, meme s'ils ne sont pas nombreux g reflechir sur les bases spatiales de la communaute en milieu urbain, s'inspirent essentiellement des travaux sociologiques pour y parvenir (Tremblay, 2000a). L'ecologie urbaine de l'Ecole de Chicago fait partie des approches et methodes empruntees. Neanmoins, a l'exception de Blowers (1972) et de Davies et Herbert (1993), les specialistes de la science geographique ont peu travaille sur la communaute Toutefois, nous croyons que le concept d'espace social elabore par Anne Buttimer, s'avere fort utile pour explorer la communaute. Son concept contient des elements theoriques et methodologiques qui permettent d'explorer les mecanismes socio-spatiaux qui font que des gens s'identifient a une communaute.

Notes

(1) Nous aimerions remercier Anne Gilbert, Departement de geographie de l'Universite d'Ottawa, et les lecteurs anonymes pour leurs conseils precieux. L'auteur est le seul responsible du contenu de cet article.

(2) Anne Buttimer a aussi aborde ce concept d'une facon plus sommaire dans des articles publies en 1972, 1976 et 1979. Ces articles sont cites en bibliographie.

(3) Pour en connaitre davantage sur nos resultants de recherche on peut consulter Tremblay (2000a, 2000b, 2001, 2003)

(4) Une litterature tres abondante existe sur le concept de communaute. Selon nous, le sociologue Barry Wellman est un de ceux qui ale mieux exprime la difficile tache de cerner la dimension territoriale que l'on peut associer a ce concept.

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Remy Tremblay

INRS-Urbanisation, Culture et Societe

Universite du Quebec
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